Le magazine de référence du machinisme agricole

Cote tracteur occasion 2026 : quelles marques tiennent le mieux la valeur

📅 Publié le 23 mai 2026⏱ 4 min de lecture

Le marché du tracteur d’occasion a connu une année 2025 sous tension. Avec les baisses d’immatriculations neuves et la pression sur les marges agricoles, les exploitants regardent davantage du côté du d’occasion. Reste à savoir quelles marques tiennent vraiment la valeur cinq ans après la sortie d’usine. Voici les chiffres que nous avons croisés avec plusieurs sources et concessionnaires français.

John Deere, la valeur refuge du marché

Pas de surprise : John Deere reste la valeur refuge. Sur les séries 6R et 7R, la décote tourne autour de 30 % à cinq ans, parfois moins sur les modèles bien équipés. Un 6R 145 acheté neuf 140 000 € en 2020 se négocie aujourd’hui entre 90 000 et 100 000 € s’il a moins de 4 000 heures. La marque profite de plusieurs atouts : un réseau dense, une bonne disponibilité des pièces, et une réputation de fiabilité qui rassure les acheteurs étrangers.

Le bémol : les coûts d’entretien restent élevés sur les modèles équipés d’autoguidage propriétaire. Le marché de l’occasion penche désormais vers les acheteurs polonais, hongrois et roumains, qui acceptent des prix élevés et compriment l’offre disponible en France.

Tracteurs d'occasion sur un parking de concessionnaire
La cote des tracteurs d’occasion varie sensiblement selon la marque et l’équipement.

Fendt, le premium qui se paie aussi en occasion

Fendt joue dans la même catégorie que John Deere côté valeur résiduelle, parfois mieux. Un Fendt 724 Vario de cinq ans, faible kilométrage, peut se négocier à 60 % de son prix neuf, soit autour de 130 000 € sur la fourchette haute. La transmission VarioDrive, plébiscitée par les contractors et les ETA, tire les prix. Les versions ProfiPlus avec autoguidage RTK et caméras attelage gardent la cote très élevée.

Attention en revanche aux séries 200 et 300, plus anciennes, dont la cote a chuté avec l’arrivée des Gen 4 et 500 Vario DP. Pour suivre les nouveautés Fendt qui pèsent sur le marché, consultez notre analyse du moteur Core80.

Massey Ferguson, le rapport qualité-prix qui reste attractif

Sur les Massey Ferguson série 5700, âgés de 5 à 7 ans, la fourchette de prix se situe entre 40 000 et 60 000 €. Le constructeur de Beauvais bénéficie d’un parc important en France, ce qui maintient une offre fluide. La cote tient bien, mais la décote est plus marquée que chez les premium, autour de 40 % à cinq ans.

Les séries 6700 et 7700 résistent mieux. Un 7720 S de cinq ans, bien entretenu, se négocie entre 65 000 et 75 000 €. La fiabilité de ces machines, et le coût d’entretien plus modéré qu’un Fendt, séduisent les polyculteurs-éleveurs qui cherchent un compromis. Pour une lecture historique de la marque, retrouvez notre dossier sur l’histoire et la fiabilité de Massey Ferguson.

Claas, l’usine du Mans tire la cote vers le haut

Claas suit une trajectoire intéressante. Après cinq ans, un Arion 660 conserve environ 60 % de sa valeur, autour de 90 000 €. La nouvelle gamme Axion 9 et Arion 6 produite au Mans devrait soutenir l’image de qualité sur les modèles antérieurs. Un Axion 960 de cinq ans s’échange aux alentours de 180 000 €, soit près de 65 % de son prix neuf. C’est un excellent niveau pour un tracteur de très forte puissance.

Le marché export joue à plein. Les agriculteurs allemands et danois restent friands de Claas d’occasion français, considérés comme moins exigeants en utilisation que leurs équivalents nord-européens. Pour explorer les machines disponibles, voir notre fiche Claas Axion 960 dans le catalogue.

Kubota, la résistance du compact

Sur les compacts et les utilitaires, Kubota domine la cote. Décote moyenne de 30 % sur cinq ans, similaire à John Deere. Le succès de la série M7 produite en France joue à plein. Un M7-150 KVT de cinq ans, autour de 4 000 heures, se négocie entre 75 000 et 85 000 €. Le secret : un parc relativement restreint mais une demande soutenue, alimentée par les arboriculteurs et les éleveurs. La fiche technique du Kubota M7-174 dans notre catalogue donne les références pour estimer une occasion équivalente.

New Holland et Case IH, des stratégies différentes

Sous le même chapeau CNH, les deux marques affichent des cotes proches mais des positionnements distincts. New Holland reste fort sur le polyculteur grandes cultures, avec des cotes correctes sur les T7 et T8. Un T7.245 de cinq ans tourne autour de 80 000 €. Case IH cible davantage les grandes exploitations céréalières, avec un Puma 175 de cinq ans entre 75 000 et 90 000 €. La décote moyenne s’établit autour de 35 % à cinq ans pour les deux marques.

Deutz-Fahr, Valtra et les autres

Deutz-Fahr garde une cote correcte sur la série 6 et 7, autour de 35 % de décote à cinq ans. La nouvelle série 8 lancée en 2026 va vraisemblablement peser positivement sur l’image de marque. Valtra, plus confidentiel en France, tient bien sur les marchés du nord avec des cotes proches de Fendt. McCormick et Landini affichent des décotes plus marquées, autour de 45 % à cinq ans, contrepartie d’un positionnement tarifaire neuf agressif.

Comment estimer correctement

Trois facteurs pèsent au-delà de la marque : les heures, l’entretien et l’équipement. Une machine à 6 000 heures avec carnet vide perd 25 à 30 % de cote face au même modèle à 4 000 heures avec entretien suivi. Les options autoguidage RTK, climatisation auto et reverse shuttle ajoutent 8 à 12 % à la valeur. Pour estimer précisément votre tracteur, plusieurs portails proposent des estimations gratuites en croisant les ventes récentes. Et pour trouver le bon revendeur, le réflexe reste l’annuaire professionnel.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut