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John Deere arrête Mazzotti : ce qui change pour les pulvérisateurs automoteurs

📅 Publié le 26 mai 2026⏱ 4 min de lecture

Coup de tonnerre dans le pulvérisateur automoteur. John Deere a confirmé mi-mai 2026 la fermeture de l’usine italienne Mazzotti, à Ravenne, et l’arrêt définitif de la marque rachetée en 2017. Vingt-neuf salariés concernés, une gamme qui migre vers les Pays-Bas, et un signal stratégique fort sur la rationalisation des activités du géant vert.

Une décision motivée par la rationalisation industrielle

Le communiqué officiel de John Deere reste sobre. La firme évoque « une volonté de rationaliser ses installations » face à la « tension sur les marchés mondiaux du machinisme agricole ». Traduction concrète : la production des automoteurs de pulvérisation se concentre désormais sur Horst, aux Pays-Bas, où le site assemble déjà la nouvelle plateforme 500R lancée en 2025. La gamme 300M, commercialisée en Europe depuis 2020 sous l’étiquette Mazzotti-John Deere, va y être intégrée sur la même ligne d’assemblage.

Cette décision n’arrive pas isolée. Elle suit la fermeture, fin 2025, de la marque sud-américaine PLA, également spécialisée dans les automoteurs et rachetée par John Deere. Deux acquisitions stratégiques de l’ère « diversification produits » qui se referment en moins d’un an. La logique d’unification des plateformes prend le dessus.

John Deere stratégie industrielle 2026
John Deere recentre ses gammes autour de plateformes communes pour gagner en efficacité.

Vingt-neuf salariés et un site historique en sursis

Pour Ravenne, le coup est rude. Le site italien employait 29 personnes au moment de l’annonce. John Deere a indiqué avoir entamé des consultations avec les syndicats et les autorités italiennes pour définir les mesures d’accompagnement. Reclassement, formation, mobilité géographique : les solutions sont à l’étude, mais le bassin industriel de Romagne, déjà fragilisé par plusieurs restructurations agricoles, encaissera la fermeture.

Le constructeur s’engage par ailleurs à maintenir le support pièces et service après-vente sur l’ensemble du parc Mazzotti et des 300M déjà livrés. Une garantie minimale qui rassure les utilisateurs, sans répondre à la question stratégique : que devient le savoir-faire italien sur les automoteurs hauts dégagements, longtemps une spécialité de Mazzotti ?

Quel impact pour le marché français ?

En France, Mazzotti représentait un volume confidentiel. Les automoteurs italiens étaient appréciés pour leur garde au sol et leur polyvalence sur cultures spécialisées, mais ils n’ont jamais percé en grandes cultures face aux marques généralistes. La disparition de l’étiquette ne devrait donc pas créer de bouleversement commercial immédiat.

Le vrai signal est ailleurs. Kverneland, autre acteur du pulvérisateur, se retrouve désormais sans offre automoteur dans son catalogue. La compétition se resserre autour de quelques noms : John Deere bien sûr, mais aussi le hollandais Agrifac (qui vient d’ailleurs d’annoncer le doublement de sa capacité d’assemblage à Steenwijk), Amazone, Tecnoma ou encore Berthoud côté français. Le segment se concentre.

Une stratégie qui interroge sur les acquisitions futures

John Deere a multiplié les acquisitions ces dix dernières années. Mazzotti en 2017, PLA en 2017 également, le spécialiste de l’autonomie Bear Flag Robotics en 2021, Smart Apply en 2023. Toutes ne se transforment pas en succès. La fermeture coup sur coup de PLA et Mazzotti envoie un message à Wall Street : la firme assume de couper là où ça ne rapporte pas. La discipline financière prend le pas sur la logique d’étoffer le catalogue.

Pour les concessionnaires, le travail de pédagogie commence. Expliquer la disparition d’une marque commercialisée il y a peu n’est jamais simple. La continuité de service est un argument, mais la confiance dans la stratégie produits du tractoriste américain sera scrutée.

Et le 300M dans tout ça ?

La gamme 300M continue, donc, mais sous étiquette John Deere pure. Le site de Horst monte en cadence pour absorber la production. Côté technique, les machines bénéficieront des plateformes communes du site (cabine, électronique, transmissions). Les utilisateurs y gagneront en homogénéité réseau et en disponibilité des pièces. Ils y perdront probablement en spécificité italienne sur les automoteurs très hauts dégagements.

Pour les exploitants qui envisagent un investissement automoteur, retrouvez notre outil de recommandation d’équipements agricoles. Et pour identifier votre concessionnaire John Deere de référence, l’annuaire des professionnels du machinisme recense les points de vente actifs sur le territoire.

Une page qui se tourne, une autre qui s’écrit

La fin de Mazzotti illustre un mouvement de fond : la consolidation des full-liners autour de plateformes mondiales. Moins de marques, plus de mutualisation industrielle. Le constructeur américain joue cette partition depuis plusieurs années. Les acteurs régionaux ou spécialisés vont devoir choisir entre l’absorption, la niche premium ou la disparition. Difficile de prévoir laquelle de ces trois voies dominera d’ici 2030.

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