Kubota avance ses pions sur deux fronts qui se rejoignent : le désherbage mécanique et l’autonomie. Le constructeur japonais l’a montré cette année, du salon CES en janvier jusqu’aux démonstrations de plein champ de la rentrée.
Le désherbage mécanique passe à la vitesse supérieure
À Innov-Agri, Kubota a présenté une gamme complète d’outils de désherbage mécanique. Le calendrier n’a rien d’un hasard. La pression réglementaire sur les herbicides et la demande des filières poussent les exploitations à réintégrer le travail mécanique du rang et de l’inter-rang.
Bineuses, herses étrilles, houes rotatives : ces outils reviennent en force, y compris en grandes cultures où on les croyait remisés. Le défi n’est plus tant l’outil que sa précision et son débit de chantier. Passer trop près du rang, c’est arracher la culture. Passer trop loin, c’est laisser l’adventice. C’est là que l’électronique et le guidage entrent en jeu.
Une plateforme pensée pour l’autonomie
Au CES 2026, Kubota a dévoilé un concept de plateforme polyvalente, baptisé KVPR. L’approche est modulaire : une base capable d’accueillir différents outils, bardée de capteurs reliés à un système d’intelligence artificielle. Un premier jalon commercial existe déjà, avec un M5 diesel de 106 ch développé pour les cultures spécialisées, en partenariat avec la société Agtonomy.

L’objectif affiché est clair. Faire tourner des chantiers répétitifs, comme le désherbage ou l’entretien, avec une supervision plutôt qu’une conduite permanente. L’opérateur surveille, le tracteur exécute. Le travail du rang se prête particulièrement bien à ce type d’automatisation : tâche exigeante, répétitive, chronophage, et souvent difficile à confier à de la main-d’œuvre non formée.
Kubota reste fidèle à son terrain de jeu
Le japonais ne cherche pas à jouer dans la cour des très fortes puissances. Sa force reste le compact et le milieu de gamme, avec une réputation de fiabilité qui lui a ouvert les exploitations d’élevage, les collectivités, le maraîchage et la viticulture. Autant de débouchés où le désherbage mécanique et les petites machines agiles font sens.
Sa dernière génération de tracteurs de plaine illustre cette montée en gamme, comme le détaille notre article sur le Kubota M7. La brique la plus critique, c’est le guidage. Sans autoguidage précis, pas de désherbage mécanique efficace ni d’autonomie crédible. Le sujet évolue vite, comme le montre notre article sur l’autoguidage GPS.
Le vrai moteur : le temps et la main-d’œuvre
Derrière l’argument environnemental se cache une réalité plus prosaïque. Le désherbage mécanique demande des passages nombreux, au bon stade, dans une fenêtre météo souvent étroite. Beaucoup d’exploitations manquent de bras pour tenir ce rythme. Automatiser un binage, c’est d’abord répondre à une pénurie de main-d’œuvre.
Les cultures spécialisées, vigne, arboriculture, maraîchage, forment la tête de pont naturelle de cette stratégie. Les rangs y sont réguliers, les vitesses faibles, les surfaces bien délimitées : un cadre idéal pour des machines guidées et supervisées. C’est là que Kubota, historiquement fort sur le compact, possède une carte à jouer avant d’élargir aux grandes cultures.
Que faut-il en retenir
Kubota assemble méthodiquement les pièces d’un même puzzle : des outils mécaniques crédibles, une plateforme sensorisée et des partenariats ciblés. Le désherbage mécanique n’est pas qu’un argument vert, c’est un terrain d’entraînement idéal pour l’autonomie, avec un vrai gain de temps à la clé. Pour trouver un revendeur près de chez vous, direction notre annuaire professionnel.
Reste la vraie inconnue : à quel prix, et pour quel gain mesurable à l’hectare ? C’est là-dessus que se jouera l’adoption sur le terrain, bien plus que sur la démonstration d’un stand.
