Le pendillard est devenu le mot que tout éleveur entend depuis que la buse palette est sur la sellette. Derrière ce nom se cache un équipement simple : une rampe à tuyaux souples qui dépose le lisier au ras du sol au lieu de le projeter en l’air. Le gain est double : moins de perte d’azote, une meilleure valorisation de cet engrais gratuit pour la culture.
En bref
Un pendillard est un matériel d’épandage agricole composé d’une barre horizontale portant de nombreuses sorties équipées de tuyaux souples. Le distributeur (souvent à macérateur) répartit le liquide entre les porte-buses, et chaque tuyau dépose une bande de lisier au sol. Ce mode de distribution réduit fortement les émissions d’ammoniac par rapport à la buse palette, et devient le standard imposé par la réglementation. En agriculture, les pendillards s’imposent comme la technique de référence pour la réduction des émissions d’ammoniac.
Comment fonctionne un pendillard

Le principe rompt avec la pulvérisation en l’air de la buse. Le lisier arrive sous pression modérée dans un distributeur rotatif qui l’envoie vers chaque sortie de la barre. De là, les tuyaux souples descendent jusqu’au sol et déposent le liquide en bandes parallèles, sous la végétation.
Résultat : le lisier n’est presque plus exposé à l’air, donc les pertes par volatilisation chutent, l’odeur aussi. La répartition gagne en précision : une bonne répartition sans les manques et les surdosages des buses est l’avantage décisif face à l’ancienne palette.
Pendillard, patin, injecteur : la famille des rampes basses
Tuyaux souples qui déposent le lisier au sol sans écarter l’herbe. Le meilleur rapport coût/efficacité, utilisation polyvalente sur cultures et prairies.
Un patin écarte la végétation et dépose le lisier directement sur le sol. Réduction d’émissions supérieure, mais plus lourd et plus cher.
Enfouit le lisier dans une raie. La meilleure réduction de volatilisation, réservé aux sols et aux chantiers qui le permettent.
Choisir un pendillard : ce qui compte
Au moment de choisir ou de monter une rampe, quelques caractéristiques font la différence :
- La largeur de travail. De 6 à 24 m et plus. Une grande largeur augmente le débit de chantier mais alourdit la rampe et demande un montage repliable homologué route.
- Le nombre de sorties. Plus les sorties sont rapprochées (20 à 30 cm), plus la distribution est fine. C’est ce qui distingue une application régulière d’un dépôt en grosses bandes.
- Le distributeur. Le distributeur à macérateur broie les fibres et évite les bouchages : c’est l’organe qui conditionne la fiabilité au champ. Un modèle sous-dimensionné bouche sur lisier épais.
- Le montage : rampe fixe ou adaptable. Une rampe fixe intégrée à la tonne est plus robuste ; une rampe adaptable se monte sur un matériel existant, à moindre coût : l’adaptation sur une tonne en place évite l’achat d’un ensemble neuf.
Sur quelles cultures utiliser le pendillard
Le pendillard épand aussi bien sur sol nu que sur culture en place, à condition d’adapter la hauteur : sur maïs à un stade jeune, la rampe passe entre les rangs et dépose le lisier au pied sans brûler le feuillage. Sur prairie, il glisse le lisier sous l’herbe, ce que la buse ne sait pas faire.
C’est cette souplesse d’utilisation qui explique son adoption massive : un seul système couvre la majorité des situations d’un élevage, du sol nu à la matière végétale développée.

Le pendillard, un choix agronomique autant que réglementaire. Au-delà de la mise en conformité, déposer le lisier au sol conserve l’azote là où la culture en a besoin. Chaque unité d’azote qui reste dans le sol au lieu de partir en ammoniac, c’est de l’engrais minéral en moins à acheter : la rampe se rembourse aussi en fertilisation économisée. Le pendillard s’inscrit dans la logique globale de l’épandage de lisier moins émissif.
Les points de vigilance
Un pendillard mal réglé perd son intérêt. Tuyaux trop hauts qui laissent le lisier gicler, sorties bouchées qui créent des manques, pression mal réglée : la rampe basse n’apporte ses produits qu’à condition d’être entretenue et calée. Un contrôle régulier des porte-buses et du macérateur est indispensable.
Attention au poids sur l’essieu. Une grande rampe déportée alourdit l’arrière de la tonne et sollicite le sol : sur terre humide, le gain environnemental se paie en tassement, et la résistance du châssis de la rampe est mise à l’épreuve. Comme pour tout épandage, la portance passe avant le débit.
FAQ
Quelle réduction d’azote avec un pendillard ?
De 30 à 80 % de réduction des pertes par volatilisation ammoniacale par rapport à la buse palette, selon les conditions météo et le sol. C’est ce gain qui justifie l’obligation réglementaire.
Quelle largeur de travail pour un pendillard ?
De 6 à plus de 24 m selon la taille de l’exploitation. Une grande largeur augmente le débit mais impose une rampe repliable homologuée pour le transport routier.
Peut-on monter un pendillard sur une tonne existante ?
Oui, des rampes adaptables se montent sur la plupart des tonnes à lisier, à un coût inférieur à une tonne neuve intégrée. Il faut vérifier la compatibilité du distributeur et du circuit hydraulique.
Le pendillard fonctionne-t-il sur maïs ?
Oui, sur maïs à un stade jeune la rampe passe entre les rangs et dépose le lisier au pied. C’est l’un de ses atouts par rapport à la buse, incapable d’un dépôt localisé.
Ce qu’il faut retenir
Le pendillard est la réponse standard à la fin de la buse palette : simple, polyvalent, il dépose le lisier (comme le fumier liquide) au sol et conserve l’azote. Le choix se joue sur la largeur, le nombre de sorties et la qualité du distributeur, et sa performance dépend du réglage autant que du matériel. C’est l’investissement qui met en conformité et rembourse en engrais économisé.
Rampes à pendillards et tonnes à lisier
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