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John Deere See & Spray Gen 2 : la pulvérisation ciblée gagne les céréales

📅 Publié le 8 septembre 2026🔄 Mis à jour le 6 septembre 2026⏱ 4 min de lecture

Pulvériser partout, tout le temps, c’est terminé. Au Farm Progress Show, début septembre, John Deere a présenté la deuxième génération de son système John Deere See & Spray. La pulvérisation ciblée, jusqu’ici cantonnée à quelques cultures, s’ouvre désormais au blé, à l’orge et au colza. Un cap, surtout pour les céréaliers européens.

De la niche aux grandes cultures

La première génération avait fait ses preuves outre-Atlantique, sur coton, soja et maïs. Le principe séduisait, mais le champ d’application restait étroit. Avec cette Gen 2, Deere élargit nettement la palette. Les trois nouvelles cultures visées sont précisément celles qui couvrent des millions d’hectares en Europe. Le message est limpide : la pulvérisation ciblée quitte le statut de démonstrateur pour viser l’usage courant.

Comment ça marche, concrètement

Le principe tient en une phrase : traiter la plante, pas le sol nu. Des caméras balaient la rampe en avançant, un algorithme analyse en temps réel ce qu’il voit, et chaque buse s’ouvre uniquement là où c’est utile. Le tout à vitesse de travail normale, sans ralentir le chantier ni multiplier les passages.

La vraie nouveauté de cette Gen 2, c’est le dosage variable buse par buse. Le système ne se contente plus d’ouvrir ou de fermer. Il ajuste la quantité appliquée selon la densité de biomasse détectée. Sur une parcelle hétérogène, avec des zones sales et d’autres propres, cette modulation fine évite à la fois le surdosage et les impasses. On applique la bonne dose, au bon endroit, au bon moment.

Ecran de console John Deere dans une cabine de tracteur
La console embarquee pilote la detection en temps reel : le coeur du systeme See & Spray se joue sur l’ecran.

Moins d’intrants, moins de pression réglementaire

L’argument est économique autant qu’agronomique. Moins de produit pulvérisé, c’est une facture d’intrants qui baisse. Le constructeur revendique des économies d’herbicide substantielles, de l’ordre de plusieurs dizaines de pour cent selon les situations, notamment sur les traitements en végétation. Prudence : ces chiffres restent des données constructeur, à confirmer dans nos rotations et nos conditions climatiques.

Au-delà du portefeuille, il y a le contexte. Les zones de non-traitement se multiplient, la réglementation se durcit, l’acceptabilité sociale des pulvérisations recule. Réduire les volumes appliqués sans sacrifier l’efficacité devient un vrai atout stratégique. Une technologie qui aide à faire plus avec moins tombe à point nommé.

Les limites à garder en tête

Tout n’est pas magique pour autant. La détection dépend des conditions de lumière et de l’état du couvert. Le matériel a un coût, et il faut une connectivité et une maintenance à la hauteur pour en tirer la quintessence. Sur de petites structures, l’amortissement d’un tel équipement n’a pas toujours de sens. C’est souvent chez les gros céréaliers et les entreprises de travaux que le calcul devient favorable.

S’équiper sans se tromper

Passer à la pulvérisation ciblée ne se résume pas à cocher une option au catalogue. Il faut un pulvérisateur compatible, une caméra bien calibrée et un accompagnement du concessionnaire pour régler les seuils selon les cultures et les adventices visées. La formation du chauffeur compte autant que le matériel. Un système mal paramétré applique trop, ou pas assez, et le bénéfice s’évapore. Mieux vaut démarrer sur quelques parcelles témoins, mesurer les économies réelles, puis généraliser une fois la confiance installée.

La précision, nouveau champ de bataille

Deere n’est pas seul sur ce terrain. La détection embarquée, les capteurs et l’intelligence artificielle deviennent le vrai différenciateur entre marques, bien plus que la puissance brute. On l’a encore vu chez Kubota, qui démocratise l’autoguidage avec des kits accessibles, ou sur les consoles connectées comme le K Monitor de la nouvelle génération M7. La bataille se joue désormais dans les lignes de code autant que sous le capot.

Cette montée en gamme technologique arrive dans un marché tendu. Entre le poids de l’investissement et une reprise des ventes encore fragile, les agriculteurs regardent chaque euro. Pour identifier un concessionnaire équipé de ces technologies et organiser une démonstration, consultez notre annuaire professionnel.

Le vrai test viendra des parcelles. Si les économies d’intrants tiennent leurs promesses sur céréales, la pulvérisation ciblée pourrait passer du gadget haut de gamme à l’équipement qu’on n’ose plus refuser.

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