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Tracteur électrique Seederal : 160 ch, 8 h d’autonomie, livraisons dès 2028

📅 Publié le 15 octobre 2026🔄 Mis à jour le 11 octobre 2026⏱ 4 min de lecture

Après plusieurs années de prototypes et d’essais, le tracteur électrique Seederal entre dans sa phase commerciale. La jeune entreprise bretonne a annoncé début octobre 2026 l’ouverture de la commercialisation de son tracteur de 160 ch, avec des premières livraisons prévues à partir de 2028. Ce qui est annoncé, ce qui reste flou et ce que les premiers essais ont montré : le point complet.

Ce qui est annoncé en octobre 2026

Selon Terre-net et Agri Mutuel, qui ont relayé l’annonce le 8 octobre 2026, le tracteur Seederal affiche :

  • une puissance annoncée de 160 ch ;
  • une autonomie de 8 heures ;
  • une recharge d’environ 2 heures ;
  • des premières livraisons prévues à partir de 2028.

Les essais en conditions réelles se poursuivent en parallèle de la préparation de l’homologation et de l’industrialisation. Les premières images du tracteur en mouvement ont été tournées sur le site d’essais de La Janais, près de Rennes (Ille-et-Vilaine). Deux partenaires industriels sont cités : Michelin pour les pneumatiques et l’italien Carraro, spécialiste des transmissions.

Un objectif : sortir de la dépendance au GNR

Le fondateur de Seederal résume l’ambition du projet : réduire la dépendance des exploitations au gazole non routier et leur permettre d’utiliser leur propre électricité. Il présente aussi le tracteur comme une réserve d’énergie mobile, que la ferme peut mobiliser selon ses besoins.

Pour suivre ce poste de dépense, notre article sur le prix du GNR agricole en 2026 fait le point sur le contexte.

Ce qui n’est pas encore connu

Plusieurs données clés manquent pour juger l’offre. Ni le prix de vente ni la capacité de la batterie n’ont été communiqués. Le nombre d’unités prévues n’est pas annoncé non plus.

Un ordre de grandeur avait circulé en 2024 : le média suisse Technique Agricole rapportait alors un coût d’acquisition supérieur de 30 à 50 % à celui d’un tracteur conventionnel, amorti sur sept ans. Ce chiffre date d’avant le lancement commercial et n’a pas été confirmé depuis par le constructeur.

Tracteur rouge travaillant le sol sur un chaume, lisière de bois en arrière-plan
Le déchaumage fait partie des chantiers sur lesquels le prototype Seederal a été testé, avec un déchaumeur de 3 m (photo d’illustration, tracteur thermique).

Ce que les essais ont montré

En août 2025, Entraid a rendu compte d’essais menés sur la station expérimentale de Kerguéhennec (Morbihan), avec des agriculteurs des groupes Rés’agri. Le prototype de 160 ch tirait un déchaumeur de 3 m, un Amazone Cenius 3003. Les essais avaient démarré en 2024.

Les retours rapportés par Entraid sont plutôt favorables. Les testeurs ont apprécié la douceur de conduite et le faible niveau sonore, qui rend par exemple la pulvérisation de nuit plus acceptable pour le voisinage. Le tracteur n’a pas calé avec le déchaumeur de 3 m.

Les réserves existent aussi. Un agriculteur estimait le tracteur adapté aux travaux légers comme la pulvérisation ou la fenaison. Il disait avoir besoin d’environ 100 ch pour les manutentions du matin et de 250 ch pour les gros travaux des champs. Il s’interrogeait sur le poids des batteries, qui pourrait limiter l’électrique à plus forte puissance.

D’un Fastrac modifié à un tracteur maison

Le projet remonte à plusieurs années. Fondée en 2021, la start-up est implantée entre Brest et Rennes. En février 2024, Terre-net décrivait un premier prototype construit sur la base d’un JCB Fastrac, sans boîte de vitesses grâce à l’architecture de sa transmission. L’autonomie était alors présentée comme une journée de travail, soit l’équivalent d’environ 200 litres de GNR.

Le premier prototype avait été assemblé dans l’ouest de la France, et l’entreprise affichait dès 2024 son intention d’industrialiser en Bretagne. Terre-net évoquait alors une équipe de 12 experts, répartie entre Brest pour la mécanique et les batteries et Rennes pour les systèmes.

Seederal a mis l’accent sur deux points : la conception de la batterie et la chaîne de transmission. L’objectif affiché était de lever les limites d’autonomie, de puissance et de coût des offres électriques antérieures. L’entreprise mettait aussi en avant une architecture intégrant la batterie au châssis, censée améliorer la répartition des masses et la stabilité en terrain irrégulier, selon L’Essentiel de l’Éco. Le même média citait une économie de 30 à 40 % sur le carburant sur la durée de vie du tracteur, une estimation du constructeur.

Le financement a suivi. Seederal avait levé 1,2 million d’euros fin 2022, selon Terre-net. En juin 2024, L’Essentiel de l’Éco faisait état d’une levée de 7,1 millions d’euros auprès de Supernova Invest, avec Ankaa Ventures et Kima Ventures, et d’un soutien de 3,7 millions d’euros au titre de France 2030.

Le calendrier a glissé. En 2024, le modèle définitif était attendu pour 2026. Les livraisons sont désormais annoncées à partir de 2028.

Où se situe Seederal face aux autres projets

Seederal vise la moyenne puissance. Pour replacer ce projet dans le paysage, notre dossier sur le tracteur électrique en 2026 passe en revue les offres existantes, et notre article sur le tracteur à hydrogène présente l’autre grande piste de décarbonation.

D’ici aux premières livraisons de 2028, l’homologation et l’industrialisation restent les deux étapes à franchir. Les exploitants intéressés peuvent déjà suivre l’offre électrique auprès de leur réseau : trouvez un concessionnaire dans notre annuaire professionnel.

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