Et si votre tracteur était déjà autonome sans le savoir ? C’est le pari du tracteur autonome retrofit proposé par Latitude GPS : un kit qui transforme une machine existante en tracteur sans chauffeur, sans changer de marque ni acheter du neuf.
Le principe du retrofit
Le kit s’installe sur un tracteur déjà en parc, à condition qu’il dispose d’une transmission à variation continue et, si possible, du GPS et de l’Isobus d’usine. L’entreprise a validé des essais sur des machines Fendt, Massey Ferguson, Case IH, New Holland, Steyr et John Deere. Autrement dit, presque tout le parc CVT récent est concerné.
Le système s’appuie sur le guidage GPS existant et y ajoute une couche de perception et de sécurité.Concrètement, le tracteur reçoit deux caméras à l’avant et trois sur le toit pour une vision à 360 degrés, deux radars pour la détection dans la poussière ou de nuit, et un pare-chocs à capteurs qui immobilise la machine au moindre contact. Ajoutez quatre boutons d’arrêt d’urgence, un servomoteur sur les freins et une application mobile de supervision à distance.

Combien ça coûte, pour quel usage
Comptez entre 80 000 et 95 000 euros, pose comprise. Latitude GPS estime le retour sur investissement entre trois et quatre ans, surtout sur les exploitations en manque de main-d’œuvre. Gros avantage : le kit se transfère d’un tracteur à l’autre lors d’un renouvellement, et il n’attache pas l’agriculteur à une marque ou à un concessionnaire.
Un mode de travail sort du lot, celui du tracteur jumeau : la machine autonome précède un tracteur piloté, pour doubler le débit de chantier sans doubler la main-d’œuvre. On est loin du gadget. Pour comprendre la brique de base, relisez notre dossier sur le prix de l’autoguidage GPS RTK.
Ce que le retrofit change vraiment
La plupart des constructeurs promettent l’autonomie sur leurs futurs modèles. Le retrofit prend le problème à l’envers : il rend autonome ce que vous possédez déjà. Pour une exploitation qui a investi il y a trois ans dans un CVT haut de gamme, l’argument pèse lourd.
Restent deux points de vigilance : la compatibilité Isobus, indispensable pour piloter les outils, et le cadre d’homologation route qui évolue. Notre guide Isobus détaille le premier. Sur la robotique de plein champ, notre article sur les robots de désherbage complète le tableau.

La question n’est plus de savoir si le tracteur autonome arrive. Il est déjà là, dans les cours de ferme, sous la forme d’un boîtier à visser sur l’existant.
