Une presse enrubanneuse combinée presse et film la balle sur la même machine, en un seul passage. Là où l’attelage classique presse d’un côté et enrubanne de l’autre, le combiné supprime l’étape intermédiaire : la balle sort de la chambre, pivote sur la table d’enrubannage intégrée, repart filmée. Sur le papier, l’idée séduit tout de suite. Dans les faits, elle ne se justifie pas sur toutes les exploitations.
En bref
La presse enrubanneuse combinée associe une presse à balles rondes (chambre fixe ou variable) et une table d’enrubannage sur un seul châssis tracté. Chaque balle est liée (filet ou ficelle) puis filmée dès sa sortie de chambre, sans transiter par une enrubanneuse séparée. Cette combinaison presse-enrubanneuse existe chez plusieurs constructeurs de matériel agricole : McHale (Fusion), Göweil, Kuhn, Vicon, John Deere, Fendt, ou encore Claas qui décline ses presses Rollant et Variant en version Kombi. L’intérêt tient au délai entre pressage et enrubannage, pas au débit brut.
Ce que la presse enrubanneuse combinée change vraiment

L’argument central n’est pas le débit mais le délai. Une balle enrubannée tardivement perd en qualité de conservation : la fermentation démarre mal si l’air reste piégé trop longtemps entre le pressage et le film. Le combiné filme chaque balle en sortie de chambre, en quelques minutes, contre parfois plusieurs heures voire un jour avec une chaîne pressage puis enrubannage séparée sur une grande parcelle.
C’est particulièrement sensible sur les parcelles isolées ou éloignées du siège d’exploitation : pas besoin de repasser une deuxième machine, pas de balles qui attendent au bord du champ exposées à la pluie ou au soleil avant leur tour d’enrubannage. Un seul chantier, un seul chauffeur, une seule machine à déplacer.
Chambre fixe ou chambre variable
Comme pour une presse classique, le combiné existe en chambre fixe (diamètre de balle constant, mécanique plus simple, coût d’entrée plus bas) et en chambre variable (diamètre réglable selon le volume d’herbe disponible, meilleure adaptation aux andains irréguliers). Le choix suit la même logique que sur une presse à balles seule : la chambre variable a du sens sur des fourrages hétérogènes ou en foin de récolte tardive, la fixe reste pertinente pour un enrubannage régulier en conditions homogènes. Certains modèles proposent un système de liage double (filet standard ou filet renforcé) qui accélère encore le passage vers la table de film.
Le vrai arbitrage : combiné ou deux machines séparées
Un seul opérateur, un seul chantier, délai pressage-film quasi nul. Mais la table d’enrubannage impose un arrêt à chaque balle : la presse suivante attend que le film soit posé. Le débit horaire réel plafonne autour d’une trentaine de balles/heure selon les réglages.
La presse continue de tourner pendant que l’enrubanneuse travaille en parallèle, souvent avec un deuxième opérateur ou une enrubanneuse automotrice qui suit. Débit horaire supérieur sur les grandes parcelles, mais délai de reprise des balles plus long et logistique de terrain plus lourde.
Le combiné gagne sur le chantier isolé, la petite exploitation qui n’a pas les moyens d’un deuxième matériel dédié, ou l’ETA qui doit rester mobile entre plusieurs sites dans la même journée. Il perd sur le gros volume concentré sur une même parcelle, où la parallélisation presse/enrubanneuse séparées reste plus rapide à l’hectare.
Ce qui pèse dans le calcul économique
| Critère | Combiné | Presse + enrubanneuse séparées |
|---|---|---|
| Investissement | Une seule machine, mais plus chère à l’achat qu’une presse seule | Deux machines, deux entretiens, deux amortissements |
| Main d’œuvre | Un seul chauffeur suffit | Souvent deux personnes ou deux chantiers successifs |
| Débit sur grande parcelle | Limité par l’arrêt enrubannage à chaque balle | Supérieur, travail en parallèle possible |
| Délai pressage-film | Quasi nul, qualité de conservation optimisée | Variable, dépend de l’organisation du chantier |
| Mobilité chantiers dispersés | Idéale, une seule machine à déplacer | Deux déplacements ou deux machines à caler |
Le combiné se rentabilise surtout par la réduction de la main d’œuvre et par la valeur ajoutée sur la qualité du fourrage conservé, pas par un gain de débit à l’hectare. Sur une exploitation qui presse plusieurs centaines de balles par saison de récolte, sur des parcelles proches et regroupées, deux machines séparées restent souvent plus rentables à l’usage. Les mécanismes de liage et d’enrubannage des modèles récents sont réputés fiables, mais leur complexité mécanique justifie un entretien plus suivi qu’une simple presse à balles.
En pratique, l’enrubannage en chantier isolé illustre bien le cas d’usage : une balle filmée immédiatement après pressage limite l’exposition à l’air avant la mise sous film, un point commun avec l’enrubannage classique où le nombre de couches de film et le taux de matière sèche conditionnent la conservation.
Une fois pressées et filmées, ces balles se manipulent avec un outil dédié : voir notre guide fourche à balles pour choisir entre pique, fourche et pince selon le type de balle.

Le combiné n’est pas fait pour tous les chantiers. Sur une grande surface fourragère concentrée et un fenêtre météo courte, une chaîne pressage puis enrubannage séparés, avec deux opérateurs, va plus vite à l’hectare. Le combiné trouve sa place sur les structures qui pressent des volumes modestes, dispersés sur plusieurs sites, ou qui veulent réduire le nombre de machines et de chauffeurs mobilisés. À ne pas confondre avec une presse haute densité classique : ici, l’intérêt n’est pas la densité de la balle mais le délai avant film.
FAQ
Une presse enrubanneuse combinée va-t-elle plus vite qu’une presse et une enrubanneuse séparées ?
Non, pas sur une grande parcelle : la table d’enrubannage intégrée impose un arrêt à chaque balle, ce qui limite le débit horaire à une trentaine de balles environ. Deux machines séparées travaillant en parallèle vont plus vite à l’hectare.
Quel est le vrai intérêt d’une presse enrubanneuse combinée ?
Réduire le délai entre le pressage et l’enrubannage à quelques minutes, ce qui limite l’exposition à l’air et préserve la qualité de conservation du fourrage. C’est aussi un seul chauffeur et une seule machine à déplacer sur des chantiers isolés.
Chambre fixe ou chambre variable sur un combiné ?
Même logique que sur une presse seule : la chambre variable s’adapte mieux aux andains irréguliers et au foin, la chambre fixe convient à un enrubannage régulier en conditions homogènes, pour un coût d’entrée plus bas.
Le combiné est-il rentable sur une petite exploitation ?
Souvent oui, car il évite l’achat et l’entretien d’une deuxième machine et ne mobilise qu’un seul opérateur. Il est particulièrement adapté aux parcelles dispersées et aux volumes modestes, moins aux gros tonnages concentrés.
Ce qu’il faut retenir
La presse enrubanneuse combinée ne se choisit pas pour aller plus vite, mais pour réduire le délai entre pressage et film et simplifier le chantier à un seul opérateur. Elle prend tout son sens sur les parcelles isolées et les volumes dispersés, moins sur les grandes surfaces concentrées où deux machines séparées, travaillant en parallèle, restent plus productives à l’hectare.
La presse enrubanneuse combinée se raisonne dans l’ensemble de la chaîne de fenaison, de la fauche au pressage.
Presses et enrubanneuses combinées
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